lundi, 06 février 2006
LA VALISE.

Je me mettrai la tête dans une valise
Et je partirai pour n'importe où
Je dirai n'importe quoi
Des bêtises sans queue ni tête
Des âneries plus grosses que moi
Des jeux de mots sans foi ni loi
Je partirai pour le pays de coq-âne
Sur les rives du loup-phoque
Au carnaval des animaux
Aux cavalcades d'idées folles
On me regardera l'air étonné
Et on dira:
"Qu'il est étrange, cet homme
A-t-il toute sa tête?
Quelle est cette valise
Qui lui sert de cervelle ?"
Et moi je m'en foutrai
J'aurai des rêves plein les yeux
Et le sourire aux lèvres.
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vendredi, 20 janvier 2006
Tentativededescription d'un intérieur opérationnel

La vieille garde robe est encore pleine de cadavres exquis dont il suce de temps en temps la moëlle attendrie.Au jardin du souvenir, nul crime ne s'accomplit sans complicité et les victimes sont consentantes.
Sur la table du salon somnole Robert Desnos.Ses réveils périodiques sont marqués par les deux ou trois roulements de tambours de l'horloge à sel.N'ayez crainte: sur lui veillent les oiseaux de paradis ,les exilés du quartier Saint- Merri.
Il est d'autres objets étranges dont nous ne parlerons pas de peur de flétrir les somnolences du mystère.On peut vous révéler toutefois, sans risque de trahir, qu'un vieux gramophone s'impatiente dans l'attente du 78 tours où l'on entend fredonner Nadja.
06:16 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 14 janvier 2006
ARTOIS

Mon beau pays d'Artois aux monotones plaines
Hérissées ça et là de collines lointaines
Et dressant tes beffrois dans un ciel de grisaille
Ma terre de silence, ma terre de semailles
Tes canaux indolents trouant tes champs de blé
Tes flaneuses péniches allant leur pas tranquille
Les passants hésitants dans le tourment des villes
Sur les champs de bataille tes morts désespérés
Mon beau pays d'Artois allant te suicider
Aux falaises de nacre des plages désertées
Tes ports mélancoliques aux parfums de voyage
Les portes de la mer pour dernier paysage
Je voudrais me creuser une fosse profonde
Me fondre dans tes blés aux chevelures blondes
Sentir battre ton coeur au sein de mes poumons
Boire tes chants d'amour, m'enivrer de ton nom...
05:45 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
samedi, 31 décembre 2005
Embellie
MEILLEURS VOEUX POUR 2006!!!!
Embellie.
Je t'aime comme on aime
Le roulement des pierres
Venu soudainement
Des gorges du destin
Je t'aime comme on aime
La lisière des rêves
Comme on aime le ciel
Comme on aime la source
Je t'aime comme on aime
Archanges des tavernes
Ces hommes qui le soir
Prennent plaisir à boire
Je t'aime comme on aime
Un feu qui s'illumine
Je t'aime comme on aime
Enfant, la voix du vent
Je t'aime comme on aime
La note de musique
Qui soudain, éternelle
Vient embellir le coeur
Je t'aime comme on aime
Ces instants de silence
Que partagent un moment
Les hommes innocents
Je t'aime comme on aime
Une femme qu'on aime.
02:45 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 17 décembre 2005
La bière.

Que loué soit le dieu qui créa, fier génie
La sainte pompe à bière au subtil glougloutis
Qu'on lui fasse un autel, que sans cesse on le prie
De nous fournir toujours ce breuvage béni
Car une bonne bière qu'accompagnent des moules
Ou bien la carbonade et l'andouillette aussi
C'est du bonheur bien vrai qui dans le verre coule
Et qui transforme en ros(e)' les jours qu'on trouve gris
Dans le petit bistrot où j'ai mes habitudes
Quand avec mes copains on se retrouve au soir
L'aimable estaminet de Louis et Gertrude
Est un vrai paradis où l'on revient s'asseoir
Je le redis bien fort, honorons ce Bacchus
Qui nous fit le beau don du malt et du houblon
Remercions sans faillir l'auteur de la Pétrus
Honorons le toujours, ô joyeux compagnons
05:40 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 20 novembre 2005
La chaise
Nous aimions nous asseoir sur cette antique chaise
Et nous la partagions depuis trente ans au moins
Mais voilà qu'hier soir, par un cruel destin
Le siège se brisa,comme atteint d'un malaise.
Et je me retrouvai les quatre fers en l'air
J'avais mal au sacrum et toi tu rigolais
Je fus, étant agil', fort vite relevé
Et ne demeurai pas longtemps le cul par terre
Nous voilà aujourd'hui tous deux la larme à l'oeil
Pleurant sur ces débris, évoquant le passé
Il faudra cependant en faire notre deuil
Les sièges comme nous doivent bien trépasser.
Comme une amie fidèl', elle nous était chère
Elle était le symbol' de l'union des derrières
Ma chaise était ta chaise, ta chaise était ma chaise
Ma chaise était ta chaise mais ma chaise est HS.
06:47 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : humour
jeudi, 17 novembre 2005
MARINE

La maison s'emplissait de simples aventures
De ces livres anciens à l'encre délavée
De l'exquise douceur des odeurs de peinture
Que l'artiste laissait sur la toile enchantée
Deux trois oiseaux au loin jouaient à voleter
Sur le ciel nuageux d'un beau soir de septembre
Attentif, on rêvait encore à les entendre
A la tendre chanson de la fin de l'été
Le paysage était comme un enchantement
Qu'on contemplait assis au seuil de la demeure
Un bateau s'échouait sur la grève devant
Rempli du sel subtil d'un océan-couleur.
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